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Sibelle Andores
ac : Diane Kruger
Messages : 383
Date d'inscription : 03/06/2018
Surnom : La Rose d'Alcantra, L'épine d'Arcadia, Colombe, Sib...
Mariage : Célibataire
Age : 18 ans
Métier/Titres : Lady d'Alcantra ⌂ Dame d'atour de la Reine Janna ⌂ Disciple d'Ashir
Allégeance : Officiellement, à sa famille. Officieusement... elle s'aime plus que quiconque.

Message [FB] La Diplomatie n'est pas une histoire d'hommes ⌂ pv Gallana Arandr ♦ écrit Mer 13 Juin - 9:47
La Diplomatie n’est pas une histoire d’hommes

E5 – 17, Mois 7, Semaine 3, Jour 1

Le bateau filait à travers flots, et le vent contre les voiles poussait le navire en direction du sud. Sibelle était dans sa cabine, penchée sur son carnet. Elle écrivait quelques mots, comme elle le faisait presque chaque jour. La chaleur était pesante, l’air lourd, et elle avait préféré se retrancher dans la grande cabine, qui lui avait été réservée – ici, il faisait un peu plus frais. Alors qu’elle était au calme depuis déjà quelques heures, on frappa à la porte – elle tourna la tête.

Entrez.

La porte s’ouvrit dans un craquement de bois, dévoilant le visage de Morello. Sibelle lui adressa un léger sourire, attendant patiemment qu’il annonce ce qu’il lui voulait.

Nous approchons du port, Ma Dame.
Bien, dit-elle simplement. C’est tout ?

Morello hocha la tête. Il se retira alors, et Sibelle écarta son carnet pour prendre un parchemin et une plume, écrivant une missive destinée à son père. Elle lui annonça son arrivée pour Dallae, où elle pourrait discuter avec le Seigneur Loren. A peine eut-elle fini d’écrire, elle entendit le chahut typique d’un port. Prenant une grande inspiration, elle cacheta la missive et quitta la cabine.

Sur le pont, elle vit l’équipage qui s’agitait, prêts à décharger le navire. Ils s’arrêtèrent lorsqu’elle sortit, la regardant et attendant son ordre. Elle les regarda, les yeux froids et autoritaires, comme d’habitude. Son regard balaya lentement le pont du bateau.

Angmar, Walden, Darion, venez avec moi.

Ils se réunirent auprès d’elle. Sibelle s’avança vers Rogenard et Morello, à qui elle n’avait pas encore donné d’ordre. Posant une main sur l’épaule de ce dernier, elle les regarda tour à tour.

Je vous fais confiance pour garder le navire. Que personne ne monte, et que nulle marchandise ne soit vendue à un quelconque charlatan. Vous savez comment les choses se passent dans des ports tels que celui-ci. Les marchands doivent penser pouvoir tirer un bon prix de nos ressources, mais celles-ci sont bien trop chères pour eux. Compris ?

Tous hochèrent la tête. D’un signe de main, elle entraîna à sa suite trois de ses chevaliers. Ils la rejoignirent, et elle quitta le pont du navire d’un pas léger. Sur le port l’attendaient plusieurs chevaux ; le seigneur des lieux les avait mis à sa disposition – il avait visiblement bien prévu son arrivée. Sibelle se mit donc en selle, et elle rejoignit le château avec sa troupe réduite.


Lady Sibelle Andores, annonça-t-on lorsqu’elle posa le pied dans la grand salle.

Ses yeux clairs s’accrochèrent aux deux trônes qui se trouvaient, l’un à côté de l’autre, au bout de la pièce. Elle eut un sourire en coin, intriguée – il était rare qu’un seigneur partage son pouvoir avec un autre, et pourtant il se disait que Loren Arandr gouvernait à égal avec sa femme.

Ses yeux clairs se baladèrent dans la salle. Elle sourit faiblement en se disant que le sang d’une semi-elfe coulait dans ses veines ; et pourtant, elle n’aimait pas sa mère. Cela ne l’empêcherait pas de glisser son ascendance dans la conversation. Elle avait bien des idées pour mener les territoires d’Arcadia et de Midlril vers une alliance politique et commerciale. Et son père lui faisait confiance – trois mois seulement qu’il lui avait confié de premières missions diplomatiques en Arcadia, et déjà il l’envoyait négocier en Mildril.
Ambitieux de sa part – mais surtout glorifiant pour la belle.

Elle s’avança lentement vers le trône, ses trois gardes derrière elle. Elle leur adressa un signe de la main, et ils s’arrêtèrent aussitôt pour la laisser continuer seule. Parée des couleurs de sa maison, le griffon des Andores apparaissait fièrement sur le torse. En approchant, elle aperçut sur le trône une femme, belle, les cheveux noirs et les yeux bleus, sur le trône. Elle plissa les yeux, mais s’inclina tout de même, adressant à la dame un sourire.

Dame Gallana, c’est un plaisir de vous rencontrer.

Elle se retint de poser la question qui la tourmentait – où était donc lord Loren ? C’était avec lui qu’elle devait normalement discuter. Elle ne s’offusqua pas – elle ne pouvait envoyer paître une alliance commerciale avec les elfes de Mildril ; leurs minerais d’orinum et leur bois elfique étaient précieux… Et nul n’avait jusqu’ici réussi à obtenir d’accord commercial avec les Arandr – c’était sans compter sur la détermination de Sibelle.
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Dernière édition par Sibelle Andores le Dim 17 Juin - 17:25, édité 1 fois
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Message [FB] La Diplomatie n'est pas une histoire d'hommes ⌂ pv Gallana Arandr ♦ écrit Mer 13 Juin - 17:04
 
La diplomatie n'est pas une histoire d'hommes


Flashback
Gallana et son mari, Loren, se trouvaient dans la salle du trône, assis tranquillement. Ils écoutaient depuis plusieurs heures de nombreuses personnes, venues demander de l'aide, des terres, un travail... Un messager arriva avec une lettre et Gallana reconnu le blason de la famille Andores. Gallana se doutait déjà de ce qu'elle contenait. Loren et elle avaient l'habitude de recevoir des demandes de négociation de la part d'autres familles nobles, négociations qui avaient toujours échoué, y compris les tentatives faites avec Mirak Andores. Les promesses faites par toutes ces familles n'étaient jamais à la hauteur des ressources demandées ou n'étaient tout simplement pas intéressantes pour les elfes. Cependant, par respect pour cette famille noble, elle prit tout de même le temps de lire la missive. Elle lut une première fois, haussa les sourcils puis lut une deuxième fois. Se tournant vers son mari, elle lui tendit la lettre.

-Les rumeurs disaient donc vrai. Mirak Andores ne fait décidément rien comme les autres humains, commenta-t-elle.
-En effet, il confirme ce que nous avions entendu. Je n'y croyais pourtant pas, répondit Loren, après avoir lu la lettre à son tour. Que veux-tu faire ? demanda-t-il à sa femme.
-Nous devrions lui laisser une chance de faire ses preuves, non ? Je suis curieuse de la rencontrer, expliqua Gallana.

Loren accepta et ils convinrent tout deux que ce serait Gallana qui mènerait seule les négociations.

Fin du flashback

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Aujourd'hui, E5-17, Mois 7, Semaine 3, Jour 1

Il était bientôt l'heure de la rencontre. Gallana était prête depuis longtemps, levée aux aurores pour mener à bien toutes ses autres responsabilités. Elle avait fait envoyer des chevaux au port pour ses invités et attendait maintenant patiemment dans la salle du trône. Elle avait revêtu l'une de ses magnifiques robes bleues et avait orné ses cheveux de ses bijoux préférés. Aujourd'hui, elle recevait quelqu'un d'important, une famille noble. Mais pas n'importe quel membre de cette famille. Elle recevait Sibelle Andores, fille de Mirak Andores. Il leur revenait à toutes les deux de réfléchir à un accord commercial, à elles deux, deux femmes. Cette idée plaisait beaucoup à Gallana, les femmes n'ayant pas une place d'égale aux hommes dans ce monde. Elle était une exception et allait rencontrer aujourd'hui une deuxième exception. Cependant, la négociation ne serait pas plus simple pour Sibelle que cela l'a été pour son père. Le seul avantage de Sibelle est qu'elle est une femme. Sur cette simple raison, Gallana avait décidé de l'écouter et de laisser une seconde chance à la famille Andores de proposer un accord intéressant.

Un garde vint la prévenir que son invitée était arrivée. Elle se redressa sur son trône et attendit encore quelques minutes. Les grandes portes s'ouvrirent et Gallana put apercevoir une silhouette féminine. On annonca son nom, "Lady Sibelle Andores". Gallana fut soulagée de constater que cela n'était pas un mensonge pour attiser sa curiostié et que Mirak avait bel et bien envoyé sa fille. Lorsque Sibelle se fut rapprochée et se trouva plus près, Gallana la détailla avec un sourire bienveillant sur les lèvres. Comme les rumeurs le disaient, Sibelle était très belle. Déjà deux rumeurs vraies, qu'en était-il des autres ? Sibelle s'inclina.

-Dame Gallana, c'est un plaisir de vous rencontrer, salua-t-elle.

-Lady Sibelle, je suis ravie de vous recevoir, répondit Gallana avec un sourire sincère et chaleureux. J'espère que vous avez fait bon voyage.

La curiosité de Gallana se fit encore plus grande. Elle se posait pleins de questions au sujet de Sibelle. L'une d'entre elles, par exemple, concernait sa réputation. Si d'autres rumeurs s'avéraient vraies, Gallana ferait mieux de rester prudente. Et c'est ce qu'elle décida de faire, garder à l'esprit une certaine méfiance. Etre bienveillante et chaleureuse ne voulait pas dire être naïve. Après tout, Sibelle était-elle digne de confiance ? Quelles étaient ses motivations ? Elle garda toutes ces questions pour plus tard et continua :

-Ainsi donc, votre père vous envoi négocier à sa place. Vous, pas votre frère, commenca Gallana, toujours souriante et déjà impatiente de savoir comment réagira Sibelle.
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Gallana Arandr, dame de Mildril.
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Sibelle Andores
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Message [FB] La Diplomatie n'est pas une histoire d'hommes ⌂ pv Gallana Arandr ♦ écrit Jeu 14 Juin - 10:46
La Diplomatie n’est pas une histoire d’hommes
E5 – 17, Mois 7, Semaine 3, Jour 1

Ceux qui disaient de Gallana était belle avaient tort ; elle était très belle. Elle dégageait une extrême bienveillance. Sibelle l’observa longuement, tout à l’opposé d’elle – ses cheveux étaient noirs et les siens d’un blond pâle, ses yeux bleus étaient sombres et les siens trop clairs ; Gallana était réputée pour sa bienveillance, Sibelle pour son impitoyabilité. Fourbe, froide, Sibelle était une femme que l’on craignait comme on craignait son père, Mirak.
Sibelle se redressa, achevant là sa bien basse révérence, celle qu’elle réservait aux grands du monde – un jour, ce serait aux autres de s’incliner bien bas face à elle, c’est ce que lui avait promis son père, sa grand-mère, sa famille.

Le voyage s’est bien passé, Ma Dame. Les mers étaient paisibles.

Un maigre sourire marqua le coin de ses lèvres, indiquant qu’elle avait bien des choses en tête. Elle scruta le trône sur lequel était assise Gallana, admirant la grandeur des lieux – la cité des elfes était bien connue pour sa beauté, sa puissance et son extravagance.

Ainsi donc, votre père vous envoie négocier à sa place. Vous, pas votre frère, dit Gallana.

A quoi jouait-elle ? Peu importe. Le sourire de la fille d’Alcantra s’élargit. Elle aimait ce jeu. Redressant la tête, haussant un sourcil, quelque peu impudente.

Vous négocierez avec moi aujourd’hui. Vous, pas votre époux, dit-elle mièvrement.

Ses yeux clairs se posèrent franchement sur la dame des lieux. Elle se plaisait à jouer aux jeux de la noblesse. Son père avait vu en elle de nombreuses qualités pour la négociation, la politique, le commerce. Et il était temps pour elle de faire ses preuves, réellement. Elle pouvait rendre sa famille fière d’elle en réussissant là où eux avaient échoué.

Mon frère a de lourdes responsabilités à Alcantra. Il doit apprendre à tenir un fief aussi important que l’est la capitale d’Arcadia. Vous devez vous y connaître, en gestion d’un tel fief, je suppose. J’ai ouï dire que vous dirigiez ici à égal avec votre époux. Elle sourit un peu plus. Vous connaissez donc l’importance du commerce, et sans doute aussi la grandeur de la ligne commerciale qu’a fondé ma famille en Nihilium.

Elle redressa un peu le menton, orgueilleuse. La maisonnée Andores était riche, très riche, et puissante. Ses membres étaient globalement intelligents, et l’importance qu’ils donnaient au commerce et aux partenariats faisaient leur force. Sibelle l’avait appris, on lui avait rentré ces informations dans la tête, encore et encore, jusqu’à ce qu’elle sache parfaitement que dire face à de potentiels partenaires qui semblaient faire la sourde oreille.

J’ai été chargée par mon père des affaires politiques et commerciales de notre famille extérieures à Alcantra. Tandis qu’il se charge de la gestion de notre fief et de l’apprentissage de mon frère, je dois faire fonctionner alliances et partenariat. Aujourd’hui, c’est vers vous que je me tourne. Elle sourit plus doucement. Je sais qu’une alliance nous serait bénéfiques à toutes deux.
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Message [FB] La Diplomatie n'est pas une histoire d'hommes ⌂ pv Gallana Arandr ♦ écrit Jeu 14 Juin - 15:51
 
La diplomatie n'est pas une histoire d'hommes


– Ainsi donc, votre père vous envoie négocier à sa place. Vous, pas votre frère, dit Gallana.

Gallana était ravie d'enfin pouvoir utiliser cette phrase qu'elle avait si souvent entendu à son propos, bien que dans sa bouche à elle, cela n'avait rien de négatif, bien au contraire.

– Vous négocierez avec moi aujourd’hui. Vous, pas votre époux, répondit Sibelle.

Cette réponsa enchanta Gallana et fit s'agrandir son sourire. Cette jeune femme, en plus d'être belle avait de la répartie. Et qui dit répartie, dit intelligence. Gallana était satisfaite d'avoir lancé cette pique qui n'en était pas vraiment une d'ailleurs.

-Je ne vais pas regretter cette rencontre, pensa Gallana.

– Mon frère a de lourdes responsabilités à Alcantra. Il doit apprendre à tenir un fief aussi important que l’est la capitale d’Arcadia, continuait Sibelle.
-Apprendre à gérer des terres, encore une chose qui revient aux hommes de faire, se perdit Gallana en pensée.
-Vous devez vous y connaître, en gestion d’un tel fief, je suppose. J’ai ouï dire que vous dirigiez ici à égal avec votre épouxGallana hocha la tête à l'affirmative. Vous connaissez donc l’importance du commerce, et sans doute aussi la grandeur de la ligne commerciale qu’a fondé ma famille en Nihilium.

-Il va sans dire que votre famille est exceptionnelle, Lady Sibelle. Vous êtes réputés jusqu'ici, en Mildril, répondit Gallana doucement.

J’ai été chargée par mon père des affaires politiques et commerciales de notre famille extérieures à Alcantra. Tandis qu’il se charge de la gestion de notre fief et de l’apprentissage de mon frère, je dois faire fonctionner alliances et partenariat. Aujourd’hui, c’est vers vous que je me tourne. Elle sourit plus doucement. Je sais qu’une alliance nous serait bénéfiques à toutes deux.

A toutes deux ? Gallana en doutait fortement. Ce n'est pas sans raison que les elfes n'avaient encore jamais accepté d'accord, rien de ce qui leur avait été proposé jusqu'à maintenant ne les intéressait. Et puis, que pourraient-ils bien vouloir ? Loren et Gallana étant pacifistes et le monde en paix, une alliance n'aurait pas de sens. Les elfes ne souffrait d'aucune famine et rien ne manquait dans le royaume, quel matériel ou denrée restait-il à proposer ?

Cependant, Gallana se doutait que si Mirak Andores avait mandaté sa fille, c'était que soit Sibelle soit Mirak avait une idée en tête. Peut-être avaient-ils finalement quelque chose auquel ni Loren, ni Gallana n'avaient pensé jusqu'à maintenant ? Dans le doute, mais aussi par courtoisie et parce que cette jeune femme lui plaisait, Gallana ne souhaitait pas couper court aux négociations. C'est pourtant ce qu'elle faisait en général, pour ne pas perdre de temps, elle énumérait ce dont les elfes avaient besoin et démontrait qu'ils n'en manquaient pas puis énumérait ce que les humains avaient l'habitude de proposer et elle expliquait par la même occasion pourquoi ce n'était pas intéressant pour eux. Après ce genre de monologue, les hommes venus négocier ne savaient plus quoi répondre. Même Mirak Andores, le père de Sibelle avait eu à subir un tel monologue et n'avait pas obtenu d'accord. Aujourd'hui, face à Sibelle, elle n'avait pas envie de faire ce monologue.

-Vous savez qu'il est bien difficile d'obtenir un accord avec les elfes, n'est-ce pas ? Votre père en ayant fait les frais, j'imagine que vous savez déjà comment nous procédons, commenca Gallana.

Evidemment, en parlant, elle se rendit compte que Mirak Andores avait probablement donné pas mal d'informations à sa fille pour la préparer à la rencontre d'aujourd'hui. Elle devait s'attendre à ce fameux monologue. Gallana fut soudainement curieuse : comment aurait réagit Sibelle ? Quels arguments avait-elle préparés pour la contrer ? Cette pensée la fit sourire. Elle resta cependant sur son idée, Sibelle n'aurait pas droit à son monologue. On pourrait croire que c'était de la gentillesse de la part de Gallana mais au fond, cela ressemblait plus à un test. Si Sibelle s'était préparée pour le monologue, comment réagirait-elle s'il n'y en avait pas et si la conversation prenait une autre tournure ?

-Vous souhaitez donc faire une alliance entre les familles Andores et Arandr. Qu'avez-vous en tête exactement ? demanda Gallana, toujours souriante.
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Sibelle Andores
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Message [FB] La Diplomatie n'est pas une histoire d'hommes ⌂ pv Gallana Arandr ♦ écrit Jeu 14 Juin - 16:48
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E5 – 17, Mois 7, Semaine 3, Jour 1

Il va sans dire que votre famille est exceptionnelle, lady Sibelle. Vous êtes réputés jusqu’ici, en Mildril.

Un sourire fier vint barrer ses lèvres, et la jeune femme inclina respectueusement la tête pour remercier la dame des lieux. Ses yeux clairs se relevèrent lentement vers Gallana.

Et votre famille est difficile. Vous êtes réputés pour cela par-delà le monde.

Elle arqua un sourcil, quelque peu provocante – elle tâtait un peu le terrain, tentait de cerner pleinement la dame de Mildril pour savoir comment obtenir d’elle un accord. Mirak lui avait parlé de sa rencontre avec les Arandr ; l’interminable monologue bourré de sous-entendus et après lequel les elfes avaient coupé court à la conversation, sachant pertinemment que les négociations ne mèneraient nulle part.

C’était pour cette raison que Sibelle était là – pour que les négociations mènent quelque part. Et c’était elle qui les dirigeait.

Vous savez qu’il est bien difficile d’obtenir un accord avec les elfes, n’est-ce pas ? Votre père en ayant fait les frais, j’imagine que vous savez déjà comment nous procédons, commença Gallana. Vous souhaitez donc faire une alliance entre les familles Andores et Arandr. Qu’avez-vous en tête exactement ?

Un sourire en coin se glissa sur ses lèvres, elle s’avança encore, s’approchant sans crainte du trône qu’occupait Gallana, arrivant à près d’un mètre seulement d’elle. Elle s’arrêta alors, inclina la tête sur le côté pour scruter la dame plus en détail. Sibelle admira la finesse des traits de l’elfe, y reconnaissant là la finesse qu’elle avait hérité de sa mère ; celle typique des elfes.

Il y a bien des raisons pour lesquelles nous devrions conclure un accord entre Mildril et Arcadia. Nous sommes les seuls à avoir accepté les elfes parmi nous, dit-elle d’un tone. Nous sommes les seuls à avoir accueilli une elfe au sein de notre famille. Ma mère est Samira Londréun, une elfe dont les parents sont nés du Royaume Isrique, mais surtout une des premiers elfes nés en Arcadia. Mon père a anobli plusieurs elfes venus coloniser Arcadia. Il les a aidés à renforcer leur position, à s’installer.

Elle plongea franchement son regard dans celui de Gallana.

Avec tout ce que nous avons fait pour vous, pour votre peuple, pour lui éviter de s’entasser sur ces terres trop petites pour tant de monde – vous vous devez de m’écouter. Épargnez-moi votre habituel discours, et laissez-moi vous servir le mien, dit-elle avec un sourire déterminé. Mon père est venu vers vous il y a de cela vingt ans, peut-être un peu moins. Il était encore un jeune seigneur, et je n’étais pas encore née. Et me voilà aujourd’hui. Notre maison a monté une compagnie commerciale importante, depuis quelques années. Et nous dirigeons le commerce en Nihilium. Nous commerçons avec Halgaran, avec Rouge-Terre. Il ne manque que Mildril.

Elle plissa les yeux, déterminée, se montrant plus déterminée que l’était son père.

Je peux tout vous proposer. Les minerais de Rouge-Terre, les réserves de grains et de foin d’Halgaran, les forêts et mines d’Arcadia. Je possède tout. Tout. Que vous faut-il ?

Elle leva le menton.

Je peux vous proposer une alliance commerciale forte et durable ; une alliance politique indestructible. Que ce soit par un simple contrat ou par un mariage. Voilà ce qui me différencie de mon père. Voilà ce qui me différencie des autres, souffla-t-elle. Je suis déterminée. Et je ne suis pas une simple femme, j’ai été élevée comme on élève un seigneur. Je ne partirai pas de Mildril tant que je n’aurai pas eu ce que je veux.
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Message [FB] La Diplomatie n'est pas une histoire d'hommes ⌂ pv Gallana Arandr ♦ écrit Ven 15 Juin - 0:18
 
La diplomatie n'est pas une histoire d'hommes


Et votre famille est difficile. Vous êtes réputés pour cela par-delà le monde.

Cette réponse amusa Gallana. Elle-même était réputée pour être gentille, douce et bienveillante mais en ce qui concernait les affaires, elle se révélait très dure. Cela surprenait toujours ses interlocuteurs. Une fois accepté le fait qu'ils allaient devoir faire affaire avec Gallana et non avec Loren, ils avaient tous l'air de penser que ce serait facile. Elle n'eut pas le temps de penser plus longtemps à ces souvenirs, la réponse à sa question venait.

Sibelle parla beaucoup, elle énuméra de nombreux points qui, selon elle, justifiaient un accord entre Andores et Arandr. Gallana écouta silencieusement puis, quand Sibelle eut fini, Gallana tenta de répondre en n'oubliant aucun point. Cette fois-ci, c'était elle, Gallana, qui avait subit un long monologue. Alors c'est cela que ressentent les gens d'habitude face à moi ? Je suis donc bien dure avec mes interlocuteurs, pensa-t-elle, amusée.

-Je connais votre mère, répondit Gallana. Nous n'avons aucun lien particulier mais son nom est connu depuis son union avec votre père. Cela avait fait grand bruit à l'époque, autant chez les humains que chez les elfes. Vous avez d'ailleurs manifestement hérité de sa beauté. De votre père, vous semblez avoir hérité de l'audace et de la fierté, continua Gallana avec un grand sourire.
Pour ce qui est des elfes que votre père a accepté et aidé, nul doute qu'il a épousé votre mère par amour. Et je suis sûre que les elfes en Arcadia ont su montrer leur reconnaissance envers votre famille, continua-t-elle avec un sourire entendu, le regard moins rieur cette fois-ci.

Gallana n'éprouvait aucune animosité envers Sibelle ou sa famille, bien au contraire. Elle respectait beaucoup Mirak Andores pour ses actes non traditionnels. Que ce soit les raisons mentionnées par Sibelle, ou encore plus récemment, qu'il ait confié à sa fille des « tâches d'homme », la famille Andores avait amplement gagné le respect de Gallana. Cependant, le respect ne suffisait pas pour conclure un accord et Gallana ne sentait nullement redevable pour les gestes de la famille Andores envers les elfes, estimant que cela se réglait entre les elfes d'Arcadia et la famille Andores seulement.

-Lady Sibelle, reprit Gallana, vous m'avez demandé ce qu'il nous faut. Ma réponse ne va certainement pas vous plaire mais je n'y peux rien, continua-t-elle légèrement attristée. Les elfes de Mildril n'ont besoin de rien. Nous ne manquons ni de nourriture, ni de ressources et le temps n'est pas à la guerre.

Gallana avait beau y penser, que pourrait-elle demander à la famille Andores ? Elle ne trouvait rien quand quelque chose lui traversa l'esprit. Elle se leva, contourna Sibelle et descendit les quelques marches qui menaient au trône. Arrivée en bas, elle se retourna vers Sibelle.

-Souhaiteriez-vous m'accompagner pour une balade ? Puisque vous souhaitez rester jusqu'à obtenir ce que vous désirez, autant visiter un peu les lieux, dit Gallana, d'humeur taquine, un sourire chaleureux de nouveau sur les lèvres et le regard amusé. Gallana ne souhaitait pas laisser partir Sibelle Andores les mains vides mais n'en dit rien pour le moment, attendant encore une fois de voir la réaction de la jeune femme.
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Message [FB] La Diplomatie n'est pas une histoire d'hommes ⌂ pv Gallana Arandr ♦ écrit Ven 15 Juin - 15:29
La Diplomatie n’est pas
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Je connais votre mère, répondit Gallana. Nous n'avons aucun lien particulier mais son nom est connu depuis son union avec votre père. Cela avait fait grand bruit à l'époque, autant chez les humains que chez les elfes. Vous avez d'ailleurs manifestement hérité de sa beauté. De votre père, vous semblez avoir hérité de l'audace et de la fierté. Pour ce qui est des elfes que votre père a accepté et aidé, nul doute qu'il a épousé votre mère par amour. Et je suis sûre que les elfes en Arcadia ont su montrer leur reconnaissance envers votre famille.

Le regard de Sibelle se durcit, et pourtant un sourire coula au coin de ses lèvres. Elle commençait ses premières négociations hors du continent d’Arcadia avec une négociatrice chevronnée, qui semblait prête à refuser chaque offre que lui ferait la belle. Mais Sibelle refusait cet argument – ce n’étaient pas aux elfes accueillis et anoblis d’Arcadia de remercier les Andores, mais bien aux Arandr. Elle leva un peu le menton.

Je suis la fille de mon père, certes. Mais avant tout, je suis la petite-fille de ma grand-mère. N’avez-vous donc jamais entendu parler de Janelle Andores ? Une femme d’exception, une femme sachant se conduire en seigneur et que rien n’a jamais su arrêter. Voilà ce que je suis. Je ne permettrai pas la moindre insulte envers ma famille, ni un refus concernant ma proposition.

Était-ce une mise en garde ou une simple précision ? Peu importait ; le message restait le même, elle resterait ici le temps qu’il faudrait pour obtenir ce qu’elle voulait. Elle avait bien hérité de la fierté et de l’audace de son père, mais surtout du caractère impitoyable et déterminé de sa grand-mère. Elle n’était pas une simple dame, une simple lady ce jour-ci – elle était plus que cela. Elle était une personnalité importante, et devait être ici traitée en seigneur.

La suite des choses ne lui plut pas, comme l’avait prédit Gallana. Ainsi donc, les habitants de Mildril ne manquaient de rien ? Mais la fin de la phrase de la dame de Dallae arracha pourtant un sourire à Sibelle – ainsi donc, le temps n’était pas à la guerre.

La guerre, répéta-t-elle avec un sourire mièvre. Croyez-vous que la paix est durable ? Pensez-vous réellement que le monde tournera éternellement aussi bien qu’actuellement ? Il n’y aura pas toujours de Loren Arandr pour sauver la paix du royaume. En revanche, il y aura toujours un Jugen Gellio pour venir détruire tout ce qui a été bâti. Les dieux sont cruels, quelques soient ceux que vous vénérez.

Ashir était cruel, Sibelle l’avait appris – elle avait vu des fidèles lui livrer des mensonge, et le dieu des secrets n’avait sans doute pas été clément ; les menteurs avaient disparu du jour au lendemain sans jamais refaire surface. Nihis, que vénéraient les elfes, n’était sans doute pas plus magnanime, quoi qu’en pensent ses fidèles.

La dame quitta alors son trône, en descendant les marches pour dépasser la belle – celle-ci se demanda un instant s’il s’agissait là de sa manière de couper court à des négociations qui s’annonçaient interminables.

Souhaiteriez-vous m’accompagner pour une balade ? Puisque vous souhaitez rester jusqu’à obtenir ce que vous désirez, autant visiter un peu les lieux.

La blonde haussa les sourcils, un sourire amusé se glissant sur ses lèvres. Ainsi donc, Gallana était joueuse. Elle s’amusait bien, cela se lisait sur ses lèvres tordues par un sourire espiègle. Sibelle inclina doucement la tête, lui rendant ce sourire mutin.

Ce serait avec plaisir, ma dame. Malgré le sang qui coule dans mes veines, je n’ai jamais eu l’occasion de visiter ces terres dont on vante la beauté jusqu’en Arcadia. Elle sourit délicatement avant de jeter un œil à ses chevaliers, qui n’avaient toujours pas bougé. Permettez-vous que j’envoie ma garde personnelle se reposer dans votre garnison ? Le voyage a été long.

Elle croisa le regard hésitant d’Angmar, et lui adressa un sourire rassurant – il prenait parfois son rôle trop à cœur. Mais elle n’avait rien à craindre de Gallana.
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Message [FB] La Diplomatie n'est pas une histoire d'hommes ⌂ pv Gallana Arandr ♦ écrit Ven 15 Juin - 17:50
 
La diplomatie n'est pas une histoire d'hommes


– Ce serait avec plaisir, ma dame. Malgré le sang qui coule dans mes veines, je n’ai jamais eu l’occasion de visiter ces terres dont on vante la beauté jusqu’en Arcadia. Permettez-vous que j’envoie ma garde personnelle se reposer dans votre garnison ? Le voyage a été long.

Gallana fut soulagée que Sibelle accepte. Son interlocutrice faisait preuve d'une détermination incroyable et ne semblait pas prête à laisser tomber facilement. Elle espérait qu'une balade pourrait changer les idées de Sibelle après son long voyage et surtout, la rendre peut-être un peu moins intraitable, chose que Gallana n'était même pas sûre qu'il soit possible de faire mais elle ne saurait pas sans avoir essayé. De toute manière, la seule chose qu'elle pensait proposer à Sibelle Andores ne se discuterait ni ne se déciderait pas ici dans la salle du trône. Ou n'était-ce là qu'une excuse pour aller prendre l'air ? Gallana gouvernait avec plaisir aux côtés de Loren et prenait ses responsabilités au sérieux cependant, elle préférait se trouver à l'extérieur, à l'air frais, comme quand elle était petite. Elle sautait sur la moindre occasion pour déplacer des réunions ou rendez-vous importants dans des jardins ou sur un balcon.

-Bien entendu, Lady Sibelle, vos hommes peuvent aller se reposer. Ils auront aussi de quoi boire et manger.

Gallana fit un léger geste de la tête vers l'un de ses gardes qui se tenait près des marches du trône. Sans un mot, le garde su ce qu'il devait faire et s'approcha des hommes de Sibelle et leur fit signe.
Lorsqu'ils furent tous sortis, Gallana entraîna Sibelle dans les jardins, derrière le château. Comme l'avait dit Sibelle, malgré ses origines, elle n'avait sûrement jamais vu un lieu aussi beau que celui-ci et Gallana espérait qu'il lui fasse forte impression. A vrai dire, ce jardin avait pour particularité que Gallana surveillait de très près son entretien. Etant son espace préféré de tout le château, elle y accordait un soin tout particulier.

Depuis la terrasse du château, on pouvait facilement voir la majeure partie du jardin, aussi immense soit-il. Gallana observa le visage de Sibelle à la recherche d'une réaction, tentant de savoir si le jardin était à son goût.

Elles restèrent ici quelques minutes, laissant assez de temps à Sibelle pour avoir une bonne vue d'ensemble des lieux puis elles avancèrent dans la longue allée devant elles, qui traversait le jardin en deux, des arbres encadrant les deux côtés de l'allée abritant les deux « jeunes » femmes du soleil.

-Nous sommes si différentes,
reprit Gallana avec un sourire amical. Comment avez-vous réussi à capter l'intérêt et la confiance de votre père ? demanda-t-elle, sincèrement curieuse, ayant pourtant déjà une idée en tête en repensant au monologue de Sibelle.
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Sibelle Andores
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Message [FB] La Diplomatie n'est pas une histoire d'hommes ⌂ pv Gallana Arandr ♦ écrit Ven 15 Juin - 23:31
La Diplomatie n’est pas une histoire d’hommes

E5 – 17, Mois 7, Semaine 3, Jour 1

Gallana lui permit d’envoyer ses hommes à la garnison. L’un de ses gardes s’avança vers les trois chevaliers qui l’avaient accompagnée jusqu’ici, les conduisant sans doute vers les baraques de Dallae. Sibelle les regarda sereinement ; pourtant, lorsqu’elle croisa le regard incertain d’Angmar, elle inclina la tête – un geste qu’il comprit. La méfiance était de mise.
Ils n’étaient pas à Alcantra, ici.

Elle tourna alors la tête vers l’elfe et lui adressa un sourire, ainsi qu’une inclinaison polie de la tête.

Je vous remercie. Ces hommes sont les plus loyaux qu’il m’ait été donné de connaître. Et ils font partie des meilleurs combattants d’Arcadia. C’est un plus pour faire partie de ma garde.

Son sourire s’élargit dans une expression amusée, si ce n’est orgueilleuse. Lorsque ses hommes eurent passé la porte, elle emboîta le pas à Gallana, allant en direction des jardins. L’œil alerte, elle restait prudente. Les elfes avaient beau être pacifistes, elle venait ici seulement accompagnée de quelques hommes, avec son orgueil et son audace, se montrant bien plus dure que ne l’avait sans doute été son père. Il était quelqu’un de franc, d’austère et de féroce – mais sa fille avait la férocité d’une lionne en chasse, c’était là une autre histoire que les griffons.

Peut-être serait-elle faite prisonnière ici ? Elle s’attendait à cette éventualité. Elle avait été préparée à toute éventualité, à vrai dire. Elle avait été à la bonne école. Mais Gallana restait bonne et douce à son égard, ce qui la rassurait un peu. De plus, les elfes tenaient bien trop à la paix pour risquer un quelconque incident politique – plus encore avec Mirak. Tentez de voler à un rapace l’un de ses œufs, et celui-ci vous crèvera les yeux.

Arrivées rapidement aux jardins, les deux femmes se trouvèrent bien vite à surplomber un superbe espace vert que Sibelle admira d’un œil critique. C’était magnifique, évidemment – il y avait là une multitude de plantes et de buis que jamais elle n’avait vu. Mais ce n’était pas Alcantra. Après quelques minutes d’observation minutieuses, Sibelle prit la parole.

C’est vraiment très beau, dit-elle d’une voix douce, tournant un regard sympathique vers Gallana. Mais mon cœur est à Alcantra. Je ne peux qu’avoir une préférence pour ses jardins, avoua-t-elle.

Après encore quelques secondes de flottement, Gallana reprit, notant leur extrême différence. Cela arracha un sourire amusé à Sibelle. Il était certain qu’elles ne se ressemblaient pas. Mais Sibelle nota un point commun – toutes deux étaient curieuses. En effet, Gallana posait beaucoup de questions la concernant. Cela pouvait se comprendre ; rares étaient les femmes parvenant à s’imposer en ce monde.

Mon père a mis du temps à ne serait-ce que remarquer ma présence. Treize ans, précisa-t-elle. A mes huit ans, c’est ma grand-mère, Janelle, qui m’a prise sous son aile. Elle s’est assurée de faire de moi une personne forte et respectée. Et c’est l’année de mes treize ans, lors de la grande fête que donne mon père à chaque début d’année, que le grand Mirak m’a enfin vue. Je ressemblais à une femme, je parlais comme une femme, je m’habillais comme une femme, mais je m’inclinais comme une Reine. Il a demandé à me parler suite à ces festivités. Ce qu’il a vu en moi… Elle eut un sourire fier, son cœur se gonflant de joie tandis qu’elle pensait aux mots prononcés par son père. Il a vu en moi l’avenir de notre maisonnée. Il a vu en moi la relève de ma grand-mère.

Elle tourna un regard empreint de sympathie vers Gallana, qu’elle commençait à apprécier.

La fierté que mon père ressent à mon égard est inestimable, avoua-t-elle. Et vous ? Il est rare qu’un suzerain partage son pouvoir avec son épouse. Comment en êtes-vous arrivée là ?
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Message [FB] La Diplomatie n'est pas une histoire d'hommes ⌂ pv Gallana Arandr ♦ écrit Mar 19 Juin - 16:52
 
La diplomatie n'est pas une histoire d'hommes


Gallana souriait en écoutant l'histoire de Sibelle. Elle ne s'était pas trompée, c'était bien là deux chemins totalement différents qui les avaient toutes deux menées ici aujourd'hui. Gallana trouvait cela incroyable et passionnant. Intérieurement, elle se sentit satisfaite d'avoir redirigé la rencontre vers les jardins et vers un sujet un peu moins officiel.

-Je ne m'étais donc pas trompée. Nous sommes deux personnes on ne peut plus différentes, fit remarquer Gallana avec un grand sourire sincère, semblant très amusée de la situation. Dans mes 112 années de vie, vous êtes la première femme que je rencontre ayant gagné autant de confiance et de responsabilité, déclara Gallana d'un ton emplie de sympathie où une légère touche d'admiration pouvait se faire entendre.

–La fierté que mon père ressent à mon égard est inestimable, répondit Sibelle. Et vous ? Il est rare qu’un suzerain partage son pouvoir avec son épouse. Comment en êtes-vous arrivée là ?

Gallana avait toujours des sentiments mitigés quand elle repensait au passé. Ses souvenirs étaient  un mélange de deuil, de tyran fou, de reconstruction et de survie mais aussi de bonheur auprès de Loren puis d'Irilis.

-Contrairement à vous, je n'ai pas eu besoin de faire mes preuves, commença Gallana doucement. Ou alors, je les ai peut-être faites sans même le savoir. Tout ce temps passé à aider notre peuple après la catastrophe d'Isr...

A l'évocation de la catastrophe, le regard de Gallana devint triste et elle perdit un peu de son sourire.  Elle se reprit tout de même assez vite, désireuse de ne pas embarrasser son invitée.

-Loren a vraisemblablement vu en moi des qualités qu'il a jugées bonnes pour gouverner. Ma dévotion envers notre peuple ? Ma gentillesse ? Mon sérieux ? Ou est-ce seulement plus simple à deux que seul ? Je ne sais pas, nous n'en parlons jamais, dit-elle en souriant de nouveau à Sibelle.

Gallana et Sibelle marchèrent encore un moment dans les jardins, quand Gallana s'arrêta, se tournant vers Sibelle, obligeant celle-ci à s'arrêter aussi.

-Si vous me dites ce que vous comptez faire avec plus de pouvoir, quels sont vos objectifs et motivations, j'aurais peut-être quelque chose à vous proposer, Lady Sibelle, proposa Gallana, d'un ton soudain très sérieux.
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Sibelle Andores
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Message [FB] La Diplomatie n'est pas une histoire d'hommes ⌂ pv Gallana Arandr ♦ écrit Jeu 28 Juin - 20:35
La Diplomatie n’est pas une histoire d’hommes
E5 – 17, Mois 7, Semaine 3, Jour 1

Sibelle n’aimait généralement pas s’étendre sur des sujets de politique et de commerce auprès d’inconnus ; elle était franche et jouait de cela. Elle savait ses potentiels alliés politiques décontenancés lorsqu’elle s’exprimait, tel un homme, sans jamais mâcher ses mots – ils s’attendaient souvent à recevoir une petite fille qui jamais n’oubliait les règles de courtoisie, et qui se comportait prioritairement en lady, avant même de se placer en négociatrice.
Mais elle était face à une femme qui, comme elle, détenait au creux de sa main une part de pouvoir – elle ne pouvait qu’être intriguée et intéressée par pareille conversation.

Elle sourit aux remarques de la dame de Dallae – en effet, il était dur de faire plus différente. L’une était connue pour ses épines, et l’autre pour sa douceur ; l’une pour sa profonde bienveillance, l’autre pour son caractère bien trempé. L’une usait de sa douceur pour apaiser, l’autre enfonçait le couteau dans la plaie et n’hésitait pas à user de menaces.

Arandr et Andores étaient bien différents, et en de trop nombreux points – c’est ce qui rendait l’accueil des elfes en Arcadia étonnant. Pourquoi les Andores, si fiers, si durs, avaient-ils accepté d’aider ceux que l’on considérait souvent, à tort, comme faibles ? Une grande question jusqu’ici restée sans réponse – peut-être était-ce parce que l’ancien seigneur d’Alcantra était l’unique griffon à être dépourvu de serres. Symon Andores, père de Mirak, était un homme faible – la honte de leur maisonnée. Et bien tristement, Amabel, sœur cadette de Sibelle, empruntait ce même chemin ; celui de la faiblesse et de l’idiotie.

Dans mes 112 années de vie, vous êtes la première femme que je rencontre ayant gagné autant de confiance et de responsabilité.

Un sourire s’étendit sur ses lèvres ; Sibelle arqua un sourcil.

Dois-je prendre cela comme un compliment ?, demanda-t-elle, une lueur joueuse au fond du regard.

Gallana évoqua alors les possibles raisons pour lesquelles elle avait eu droit à ce pouvoir – Sibelle eut un sourire en coin. Pensive, l’elfe avoua qu’ils n’en parlaient jamais, Loren et elle. La jeune dame haussa les épaules.

Parfois, les mots ne sont pas nécessaires.

Elle reposa son regard sur les jardins, pensive, tandis que les deux femmes marchaient sur le sentier. Puis vint la question décisive – pour quelle raison Sibelle désirait-elle tant cet accord, ce pouvoir qu’il lui conférerait ? Gallana s’arrêta, forçant la fille du griffon à  en faire de même. La belle tourna la tête vers l’elfe, son sourire froid prenant place sur son visage, celui qu’elle servait lors de toute affaire politique ou commerciale, qu’elle réservait aux réceptions et aux négociations. Son père l’appelait parfois « sourire politique », ce qui avait tendance à la faire rire ; il n’avait pas tort.

L’or dirige le monde. Et les Torciel dirigent le monde, répondit-elle simplement. Savez-vous qui a insulté les Andores ? Gothfrid Torciel. Sa voix claqua plus sèchement que ce qu’elle désirait. Mon père lui a proposé de fiancer la fille de notre bon Roi, lady Aranna, au futur héritier d’Arcadia, Rek. Et le Roi a fait une autre offre ; il a proposé une union matrilinéaire, mettant en péril la dynastie des Andores. Croyez-vous que nous pouvons accepter pareille insulte ? Elle eut un sourire narquois, son nez se plissa légèrement. Vous savez ce que c’est que d’être insulté par le Roi ; notre bon Roi Gothfrid vous ignore, vous, les elfes. Il se targue d’avoir permis le maintien de la paix en Nihilium, mais ce que je sais, et ce que savent les Arcans, c’est que ce n’est pas grâce à lui que la guerre n’a pas éclaté – c’est grâce à votre époux, Loren.

Sibelle reprit lentement sa marche, obligeant Gallana à la suivre, sachant bien que celle-ci le ferait – en évoquant Loren et les tensions entre les elfes de Mildril et le Roi, elle attirerait forcément l’attention de la dame sur les réels problèmes de ce monde.

Vous et moi désirons la même chose – la paix, mais aussi l’indépendance. Voilà ce que nous voulons – ne pas avoir à dépendre du Roi menteur et de ses actions uniquement guidées par son bon plaisir. Tournant son visage vers l’elfe, Sibelle plongea son regard dans le sien, une expression très sérieuse marquant son visage tandis qu’elle reprenait. Croyez-moi. Je n’ai pas fait tant de chemin simplement pour l’or, la richesse – je l’ai fait pour le bien d’Arcadia. Pour le bien des miens. Et il me semble que vous agissez, vous aussi, simplement pour le bien des vôtres.
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